Elles et moi, c'est comme le vin, plus on le laisse vieillir, meilleur c'est. Au fur et à mesure de notre amitié, nous nous découvrons et nous découvrons aussi les autres, les personnes de l'extérieur. Avant de les rencontrer je n'étais rien : une poussière d'étoiles parmis un miliards d'autres poussières. J'étais la bonne amie qui vagabonde, les garçons me considéraient comme les leurs, j'étais leur petite soeur, rien de plus, rien de moins. Une banale histoire de garçon manqué et d'égo atrophié. Mais lorsque, en 6éme, je me suis trouvé dans un nouvel établissement, j'ai su me faire des amis et une année plus tard, j'étais redevenue la bonne amie et la petite soeur des garçons. A vrai dire, j'ai toujours su que j'étais différente des autres filles : je n'ai jamais roulé de patins à un garçons et les seules fois où j'en ai embrassé, c'était lors d'un jeu débile. Mais ceci est une autre histoire. Bref, les liens s'étaient tissés et je suis devenue l'ami de quelques personnes et de 4 en particulier. C'était la première fois que j'avais des amis rien qu'à moi et j'en profitais, d'ailleurs, j'en profite toujours. Célia, Maïténa, Cindy, Mélanie et moi. A présent, je suis toujours en 5éme, mais je viens de réaliser quelques chose : je ne suis pas personne, je suis moi. Et rien que moi. Et je commence à y prendre goût, je ne suis pas moche et j'oublie souvent mes complexes d'ado immature, je rigole et les gens se foutent de ma gueule, tant pis. De toute façon, autant l'avouer, le midi, sur nos bancs, mes copines et moi, détaillont chacuns des étudiants, moche, beaux, ou hideux, chacuns à une place et cette routine me plaît, je ne voudrais pour rien au monde la changer. Parce que sans soleil, je ne peut briller ... et que ces filles, ce sont toutes des soleils, chacunes à leurs façons.